Réginald Boulos entre « abstention » à l’OEA et ouverture sur la Chine…

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Réginald Boulos est cash. Pour lui, le président Jovenel Moïse aurait dû instruire notre ambassadeur à l’OEA de faire abstention lors du vote de non reconnaissance de la légitimité de la seconde élection du leader vénézuélien, Nicolas Maduro. Il se serait abstenu, a-t-il expliqué à Dèyè Kay, sur Télé 20, le jeudi 17 janvier, parce qu’il est contre l’immixtion dans les affaires internes d’un autre pays. Sa position de rupture des relations avec Caracas participe surtout d’un besoin de savoir, d’une urgence de dissiper des suspicions de corruption en rapport au dossier PetroCaribe.

« La jeunesse haïtienne, la population haïtienne ont marché pour dire qu’elles n’ont pas vu ce qui a été fait avec 3,8, 2,4 ou 1,8 milliard de dollars. Ils ont dit qu’ils n’ont pas vu tous les stades, toutes les routes, tous les kits alimentaires, tout ce qui a été dépensé. Mais pendant tout ce temps, les autorités vénézuéliennes, le ministre vénézuélien des Affaires étrangères, l’ambassadeur du Venezuela affirmaient que l’argent était bien dépensé. Qu’ils nous donnent le rapport ! Qu’ils nous montrent les photos des ouvrages construits ! Peut-être que ces ouvrages ont été construits en République dominicaine ; peut-être que c’est dans un autre pays ; peut-être qu’il y a eu des retours d’argent. De ce fait, alors que j’ai un pays dans lequel aujourd’hui j’ai des suspicions de corruption, je ne voterais pas contre le Venezuela, je ne voterais pas pour le Venezuela, je me serais abstenu en attendant que la vérité puisse sortir », a longuement expliqué Réginald Boulos, soulignant avoir demandé au président Jovenel Moïse d’arrêter le service de la dette envers le Venezuela.

Sans faire l’économie du rappel que le Venezuela avait voté en faveur d’un embargo économique pénalisant pour Haïti afin de faire revenir Jean-Bertrand Aristide au pouvoir après le coup d’État du 30 septembre 1991, Réginald Boulos ne crache pas sur l’amitié mais estime qu’il faut qu’un pays sache défendre ses intérêts. Si Réginald Boulos n’est pas les souliers du président Jovenel Moïse, en proie à des pressions américaines pour lâcher Caracas, l’homme d’affaires estime qu’il fallait négocier. « Il faut à ce moment négocier. Pas négocier pour votre survie », a poursuivi M. Boulos qui pense qu’il y avait une occasion de négocier avec Washington un rapprochement entre Port-au-Prince et Pékin. « Moi je dis aujourd’hui que nous avions eu la possibilité de négocier l’ouverture vers la grande Chine », a indiqué l’entrepreneur qui s’est fait le chantre des Chinois. « La Chine aurait pu nous apporter 1000 kilomètres de route en trois ans. Cela signifie un pays en chantier, une croissance de 4,5, 6 % du PIB. 1000 kilomètres de route ce sont des milliers d’Haïtiens au travail. 1000 kilomètres de route ouvriraient les marchés de produits agricoles aux centres de consommation », a indiqué Réginald Boulos qui écrase un gros regret qu’Haïti ait choisi ! « 23 millions de Taïwainais contre 1,3 milliard de Chinois ». Conscient que tomber dans le giron des Chinois sera très difficile compte tenu de l’influence des Etats-Unis dans la région, l’entrepreneur a affirmé « qu’il faut, des fois, forcer le destin ». « Il faut faire des actions d’éclat. Un pays naît à partir de grandes actions courageuses et déterminées », a renchéri M. Boulos.

Roberson Alphonse
Journaliste | Le Nouvelliste

robersonalphonse@lenouvelliste.com

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