La coopération sino-africaine ne cesse de s’approfondir, selon la ministre nigérienne du Plan Kané Aichatou Boulama

, par Han Xiaoming

La coopération sino-africaine ne cesse de s’approfondir, selon la ministre nigérienne du Plan Kané Aichatou Boulama

Du Quotidien du Peuple en ligne , le 29 juin 2019, par Han Xiaoming, journaliste au Quotidien du Peuple

La réunion des coordinateurs sur la mise en œuvre des mesures de suivi du Sommet de Beijing du Forum sur la coopération sino-africaine (FCSA) s’est tenue les 24 et 25 juin à Beijing, avec la participation de 53 représentants de ministres de pays africains et de L’Union africaine et environ 300 du côté chinois. A cette occasion, la ministre nigérienne du Plan Kané Aichatou Boulama a accordé une interview au journaliste du quotidien du Peuple.

Question : L’amitié sino-africaine a une longue histoire et elle attend de nouvelles opportunités de développement pour les deux parties. Comment évaluez-vous la coopération sino-africaine actuelle ?

Réponse : Ainsi que vous l’avez dit, les relations sino-africaines sont marquées par une longue histoire qui a franchi une étape décisive, grâce aux efforts conjugués de l’Afrique et de la Chine, lesquels ont abouti à l’institution, dans les années 2000, d’un mécanisme très efficace en matière de coopération internationale, « le Forum sur la Coopération sino-africaine ». Cette coopération entre les deux continents, il faut le dire de vive voix, n’a cessé de s’accroître progressivement, comme en témoigne le volume d’échanges commerciaux qui, de 170 milliards de dollars en 2009, atteindra 400 milliards de dollars en 2020.

Les relations entre la Chine et le Niger en sont la parfaite illustration. En témoigne la visite d’État du Président de la République nigérienne Issoufou Mahamadou en Chine à la fin mai de cette année. Lors des divers entretiens qu’il a eus avec les autorités chinoises, d’excellentes perspectives de renforcement de la coopération ont été déterminées. Je mentionnerai notamment l’accélération de la construction du pipeline en vue de l’exportation de pétrole brut, la construction d’infrastructures hydrauliques, routières et de télécommunications entres autres. Il s’agit de projets structurants qui doivent contribuer à la lutte contre la pauvreté et que nous retrouvons dans la plupart des pays africains avec lesquels la Chine coopère.

Question : Comment évaluez-vous la construction d’une communauté de destin Chine-Afrique ? Comment évaluez-vous la série de résultats obtenus depuis la mise en œuvre des Huit Grandes Actions de coopération sino-africaine ?

Réponse : Depuis la tenue, les 3 et 4 septembre 2018 à Beijing, du Sommet Chine-Afrique, en marge duquel le président chinois Xi Jinping, a annoncé une enveloppe de 60 milliards de dollars pour la mise en œuvre des huit initiatives issues dudit sommet pour la période 2019-2021, une communauté de destin Chine-Afrique s’est dessinée à l’horizon. La mise en œuvre de ces initiatives prônée par le gouvernement chinois en faveur du continent africain cadre parfaitement avec l’Agenda 2063 de l’Union Africaine, essentiellement axé sur l’entrée en vigueur de la Zone de libre-échange continentale (ZLECaf), chère au Président de la République du Niger, investi par ses pairs africains pour porter cette ambition d’une Afrique forte, unie et membre à part entière de la communauté internationale. Le programme de développement durable à l’horizon 2030, vient également conforter cette dynamique dans le sens de la construction d’une communauté de destin Chine-Afrique caractérisée par le partage de responsabilités et la coopération gagnant-gagnant.

Question : De nombreux pays africains ont pris part à l’initiative « la Ceinture et la Route »,Que pensez-vous de cette initiative relative au développement et à la gouvernance mondiale ? Comment évaluez-vous les projets mis en œuvre dans votre pays par l’initiative « la Ceinture et la Route » ?

Réponse : L’initiative « la Ceinture et la Route » repose sur principe dit de « consultation, coopération et bénéfice pour tous ». Ceci permettra sans nul doute au continent africain de participer activement à la coopération internationale et par conséquent d’améliorer les conditions de vie de ses populations à travers notamment un partenariat équitable entre la Chine et l’Afrique. C’est dans la même perspective qu’un Mémorandum d’Entente relatif à la construction de la Ceinture économique de la Route de la Soie et de la Route de la Soie maritime du 21e siècle a été signé entre le Niger et la Chine, à l’occasion de la visite officielle du Président de la République du Niger du 25 au 30 mai 2019 en Chine.

Question : Comment évaluez-vous le développement économique et les expériences du gouvernement chinois ? À l’heure actuelle, le protectionnisme mondial et l’unilatéralisme se renforcent. Selon vous, quel est le rôle de la Chine sur la scène internationale aujourd’hui ?

Réponse : Cette coopération internationale à laquelle l’Afrique marque son attachement est de nature à défendre les valeurs et les principes du multilatéralisme corroboré par le traitement égalitaire des États, le libre-échange avec une circulation des biens et des personnes dans un cadre profitant à tous, petites comme grandes nations. Les efforts conjugués des États Africains ont conduit, à cet égard et de manière laborieuse, à la conclusion d’un Accord multilatéral, portant création de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECaf) que la Chine, dans son esprit d’ouverture, apprécie, accompagne et respecte à sa juste valeur. Cette volonté commune des deux continents concourt à la préservation du système international, conformément aux objectifs de la Charte des Nations Unis, principalement ceux relatifs au maintien de la paix et de la sécurité internationale, au développement des relations amicales, à la réalisation de la coopération internationale et à l’harmonisation des efforts des nations vers ces fins communes.